Ouzbékistan

Nous entrons donc en Ouzbékistan (après la pause déjeuner du poste frontière) fatigués, Fanchon malade, le vent de face et un soleil de plomb. Au premier café, nous nous arrêtons faire la sieste, on nous offre le thé. En repartant un peu plus en forme nous croisons un couple de cycliste, Dimitri et Gulnara. Leur projet est de parcourir le monde uniquement grâce à la force musculaire. Ainsi, ils comptent traverser le golf persique en kayak ! Ils nous rappellent la règle pour les touristes dans ce pays : se faire enregistrer chaque nuit dans un hôtel sous peine d’amande (très salée) et il est interdit de dormir chez l’habitant. Dommage !

Ok, on pousse jusqu’à la prochaine ville pour trouver un hébergement mais en vain. Le seul motel est fermé. La nuit est tombée et nous sommes en pleine agglomération. Après avoir sollicité des policiers indifférents, tant pis, nous frappons aux portes. Un couple accompagné d’une dizaine d’enfants accepte de nous accueillir chez eux. Pour faciliter la conversation, ils appellent leur voisine prof d’anglais comme interprète. On comprend alors qu’ils sont en fait professeur de russe et de mathématiques, les enfants étant leurs élèves. La region de Boukhara est réputée pour son savoir. Beaucoup d’élèves viennent y trouver un professeur : anglais, mathématiques, russe…

La famille de Dilya | Dilya's family

La famille de Dilya | Dilya’s family

La prof d’anglais Dilya, très sympa nous propose de passer la soirée ensemble. Nous aimerions bien mais nous avons déjà demandé l’accueil du couple, nous sommes embarassés. Dilya demande pour nous s’ils acceptent que l’on parte, ils refusent. Puis ils nous demandent combien allons-nous leur donner pour rester, c’est à nous de decider. Nous proposons une somme et ils en veulent plus. Quand nous comprenons qu’ils ont proposé à Dilya de nous laisser avec elle contre de l’argent nous bondissons. Nous ne sommes pas de la marchandise ! Nous reprenons alors notre liberté pour aller passer le reste de la soirée et la nuit chez Dilya et ses trois enfants. Nous discutons beaucoup, c’est un vrai rayon de soleil. Elle nous fait gouter son excellent raisin.

Boukhara

Boukhara

L’Ouzbékistan nous faisait rêver pour ses villes sur la route de la soie comme Boukhara et Samarcande. Elles sont en effet dotées de magnifiques mosquées, medersa et tombeaux. Tous ces monuments restaurés à l’excès en on fait des villes musées si bien que leurs âmes ont disparues. À Samarcandes, de récents murs cachent les vieux quartiers résidentiels du centre touristique.

On y rencontre pas mal de touristes. Merci à Yannick et Anchélie de nous avoir ramené quelques affaires encombrantes en France et à Xavier un médecin suisse pour son expertise médicale. On y recroise aussi dans les deux villes notre cyclo belge préféré, Luc. On apprend que pour les cyclos, dormir en hôtel une nuit sur trois suffit. Cette règle nous convient mieux, nous la suivrons.

A Samarcande, un hotel prétend pourtant qu’un enregistrement est nécessaire chaque nuit et nous propose de rattraper les nôtres si l’on paye bien-sûr ! Puis nous propose les services de leurs taxis et tout un tas d’autres choses très avantageuses. Flairant l’arnaque et la cupidité du gérant nous décidons d’aller voir ailleurs. Mais sous divers prétextes il refuse de nous rendre nos passeports. Après 10 minutes de discussion et voyant la pression monter, il nous rend finalement notre liberté.

Coton

Coton

Ici nous ressentons vraiment la chaleur promise pour le Turkmenistan. Nous nous levons avant le soleil. La poussière est omniprésente et l’eau de nos gourde bouillante. Entre Boukhara et Samarcande, la route est affreusement plate. Le paysage est constitué principalement de champs de coton.

Les routes sont peuplées de petites camionnettes toutes identiques qui servent de taxi ou à transporter toute sorte de choses. On croise énormément d’ouzbeks en vélo. Les enfants aiment nous accompagner sur quelques centaines de mètres. Nous avons trouvé les ouzbeks très curieux mais assez mauvais en communication. Il sont souvent désemparés devant le fait que l’on ne parle ni le russe, ni l’ouzbek, ni le tadjik : rien quoi ! Ce qui nous exaspère, c’est de se faire siffler à longueur de journée pour obtenir de nous un salut ou les curieux qui se postent devant nous plusieurs minutes en nous observant sans dire un mot.

Il est parfois difficile de trouver un coin où planter la tente car il semble y avoir du monde partout et à toute heure. Un soir nous sommes accueillis par un rigolo très fort en mimes. Sa femme est la fille de Mac Tyson car soi-disant elle le frappe quand il abuse de la vodka ! Nous rions bien ce soir là. Comme le prénom Fanchon lui est imprononçable, il la rebaptise Eiffel.
Si le prénom Fanchon peut marquer les esprits en France, ce n’est pas le cas dans le reste du monde. Depuis le début de notre voyage personne n’a réussi à prononcer son nom. Elle pense à garder ce surnom pour la suite.

photo_20150824094649-resized-960Après Samarcande, le paysage s’améliore. Les champs sont remplacés par des collines peuplées d’ânes et de bergers. Un vent favorable nous permet d’exploser notre record : 130 km en une journée. Nous retrouvons de vraies villes vivantes avec marché et bazar. D’ailleurs la dernière, Denov semble n’être qu’un immense bazar.
Les barrages de police se font de plus en plus fréquents à mesure que l’on approche de la frontière avec le Tadjikistan.

Fête de circoncision | Circumcision party

Fête de circoncision | Circumcision party

Un matin sur la route, notre attention est captée par ce qui semble être une fête de village. On comprend qu’il s’agit en fait de la circoncision de deux jeunes garçons. Nous sommes immédiatement invités à la table d’honneur du côté des hommes juste devant le groupe de musique. Fanchon est la seule femme. On lui pose un foulard sur la tête et on attache un foulard doré en guise de ceinture autour de la taille de Gabriel. Ça y est nous sommes intégrés ! La table est remplie de victuailles. On nous apporte encore à manger ! L’ambiance est incroyable ! Les gens viennent manger, félicitent les familles puis certains repartent une fois le ventre bien remplis et sont immédiatement remplacés par de nouveaux arrivants. D’autres restent pour continuer la fête. Nous sommes invités à danser avec les deux enfants et leurs pères devant l’orchestre. Les gens viennent et glissent des billets dans les poches des gamins et sous le chapeau des pères. C’est apparemment une tradition. Ils en mettent aussi dans les nôtres, c’est assez gênant. Mais nous devons apparemment les accepter, on les remet discrètement et tant bien que mal dans celles des deux garçons. Les gens nous remercient, on ne sait pas bien pourquoi et nous font comprendre qu’ils sont heureux de nous voir. À 10h du matin nous repartons, de la nourriture dans les sacoches, le sourire aux lèvres, repus et ivres sans avoir bu !

Cette dernière expérience à illuminé notre séjour en Ouzbékistan qui avait été jusque-là un peu sombre. Comme d’autres voyageurs rencontrés, ce pays nous a un peu déçu par son manque d’authenticité. Nous n’avons pas vraiment accroché avec la population.

À la frontière, fouille minutieuse de toutes nos sacoches et vérification de toutes les photos de l’appareil et de la tablette. Comme nous étions prévenus, les plus sensibles ont été cachées au préalable.
Nous rejoignons le Tadjikistan le 26 août.

4 Comments

  1. Jean-Marc BEAUVAL

    Bonjour à vous deux,
    C’est vraiment formidable et un grand plaisir de vous lire.
    Merci pour tous vos récits qui sont de véritables invitations au(x) départ(s) … Prenez soin de vous.
    Bonne continuation !
    Amicalement
    Jean-Marc

  2. Salut PKK, Fanch ‘

    ça fait plaisir de lire ce passage sympathique. On a bien l’impression de découvrir un bout ces contrées avec vous. C’est déjà les contreforts de l’asie et l’exotisme qui vient avec. Vivement la suite.
    Pour nous, cet aprem c’est pétage à comédie française et contrat anniv ce soir 🙂
    Merci vpour votre carte en tout cas !

    Bise
    Du

  3. Salut PKK, Fanch ‘

    ça fait plaisir de lire ce passage sympathique. On a bien l’impression de découvrir un bout ces contrées avec vous. C’est déjà les contreforts de l’asie et l’exotisme qui vient avec. Vivement la suite.
    Pour nous, cet aprem c’est pétage à comédie française et contrat anniv ce soir. la vie parisienne contniue avec son train train 🙂
    Merci pour votre carte en tout cas !
    1000xBises

  4. Coucou F…eiffel et Gabri..on !!…
    Et bien ça y est ! Avec un peu d’entrainement et un terrain plat, je vous l’avais dit… que vous arriveriez à les rouler ces 130km dans la journée ! Bravo ! et encore merci pour tous ces récits qui me font rêver ! Bisous

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