Turquie I

On boit le the offert par le magasin | We drink the tea offered by the shop

On boit le the offert par le magasin | We drink the tea offered by the shop

Dès le premier jour en Asie, nous avons eu le droit au thé. C’est la première chose que l’on offre aux invités. Chaque jour, on nous en propose au moins une fois, parfois bien plus ! Les Turcs le boivent très chaud, certains même chauffent d’abord le verre avec de l’eau bouillante. L’accueil est lui aussi chaleureux tout comme le soleil qui nous immobilise l’après midi. Nous sommes bien en orient.

Fete de la jeunesse | Youth celebration

Fete de la jeunesse | Youth celebration

Ici on retrouve des villes animées, les gens sont dehors et les rues sont vivantes. Il faut dire que nous arrivons en pleine période électorale. D’innombrables drapeaux des divers partis décorent les rues. Des haut-parleurs sur des camions scandent des slogans à travers le pays (Voir à la fin de l’article). Nous assistons aussi au défilé de la fête de la jeunesse à Aydin. Celle-ci a lieu le 19 mai, anniversaire du début de la guerre d’indépendance turque en 1919.

Les turcs sont des adeptes du pique-nique. Le samedi soir à Izmir, de nombreuses familles mangent au bord de la mer. Dans la campagne, nous voyons aussi les paysans prendre leur déjeuner à l’ombre d’un arbre.

Ce sont bien souvent les femmes que l’on voit travailler dans les champs. On les voit aussi faire des travaux d’entretien urbain. Quant aux hommes, nombre d’entre eux sont au bar à boire du thé tout en jouant au backgammon et au okay (rumiskub). On y voit aucune femme !

Contrairement aux Balkans où les champs n’avaient pratiquement jamais de clôture, la Turquie a adopté le fil barbelé. Il y en a partout. Parfois même autour des résidences, ce qui leur donne un air de prison.

Mosquee vue de notre chambre | Mosque from our room

Mosquee vue de notre chambre | Mosque from our room

Nos journées sont rythmées par les appels à la prière, un pour le déjeuner, un pour le goûter, un pour le diner, un pour aller se coucher et le dernier qui nous réveille vers 5h du matin si il y a une mosquée dans les environs.

Hierapolis

Hierapolis

Notre itinéraire à été établi dans le but de visiter quelques ruines romaines qui sont nombreuses en Anatolie. D’abord Ephesus que nous avons laissé de côté au profit d’Aphrodisias, moins cher et moins touristique. Puis Hierapolis sur le site de Pamukkale. Cette cité romaine surplombe les terrasses blanches créées par des sources thermales. Malheureusement ce jour là, il n’y avait pas d’eau dans les vasques. Et enfin Aizanoi où l’on peut voir ce qu’il reste d’un temple de Zeus (environ un tiers).

Arrivee au col (presque) | Arrival at the pass (almost)

Arrivee au col (presque) | Arrival at the pass (almost)

Entre ces sites, nous avons traversé de vastes zones inhabitées souvent situées sur des plateaux d’altitude. Les paysages ont quelque chose de vraiment beau. Les gens qui nous voient ainsi débarquer de nulle part nous regardent avec un étonnement et un air de : « Mais pourquoi vous faites ça ? ». On nous offre ensuite le thé et parfois de la nourriture. Gabriel se retrouve souvent en train de baragouiner en allemand avec des turcs qui nous expliquent qu’ils sont partis travailler en Allemagne et qu’ils ont toute leur famille là-bas.

Un the pour se dire au revoir | A tea to say goodbye

Un the pour se dire au revoir | A tea to say goodbye

Un jour, un chauffeur de camion nous a proposé de mettre les vélos dans sa remorque et de monter avec lui. La route étant difficile, nous avons accepté et parcouru 50 km en sa compagnie. Nous avons discuté tant bien que mal à l’aide de notre traducteur de poche et nous nous sommes dit au revoir après un bon thé chaud préparé sous la remorque.

Ici encore, nous empruntons de temps à autre les quatre-voies. Mais leur construction ne nous parait pas toujours justifiée. Le trafic y est parfois très faible. C’est un peu dommage pour le paysage.

Ecoliers curieux | Curious schoolboy

Ecoliers curieux | Curious schoolboy

Les enfants sont curieux et sympathiques. Il nous ressortent les quelques mots en anglais appris à l’école. Nous avons été très ému lorsque dans une petite ville, des écoliers nous ont offerts leurs dessins.
Avec les adultes, il n’est pas rare d’avoir ce dialogue :
La personne : « Do you speak English ? »
Nous : « Yes ! »
La personne : « … » (silence gêné)

Equipe d'etudiants | Student team

Equipe d’etudiants | Student team

Heureusement, nous avons pu échanger avec des gens parlant bien anglais, notamment grâce au site Warmshower. On peut citer Barbaros et Gülcin avec qui nous avons eu des discussions très intéressantes sur la politique, la religion et la société en général. Nous les reverrons à Istanbul. Orhan et sa bande d’étudiants en ingénierie mécanique avec qui l’on a passé la soirée à chanter. Et Ali, l’instituteur qui nous a fait découvrir une technique de peinture sur eau très impressionnante : l’ebru.

Grâce à eux, nous avons aussi découvert l’une des plus belles facettes de la Turquie : la cuisine ottomane. Elle est tres variée : Soupes, Menemen, Gozleme, Simit, Pide, Baklava, boissons… Chaque ville à sa spécialité, par exemple on trouve à Bursa l’excellent Iskender Kebab. Lorsque nous sommes allés prendre le ferry pour Istanbul à Mudanya, nous avons pu manger de tres bonnes olives noires. La cote de la mer de Marmara est en effet couverte d’oliviers.

Politique

Affiches electorales | Election posters

Affiches electorales | Election posters

Nous sommes arrivés en Turquie en pleine période électorale. Nous avons d’abord remarqué quelques affiches soutenant visiblement des partis politiques. Puis dans les centres villes, de nombreuses banderoles aux couleurs des différents partis (souvent rouge qui est la couleur du drapeau turque). Nous avons aussi pu entendre les grosses enceintes des camionettes affiliées à tel ou tel parti. Elles sillonnent les rues des villes en diffusant de la musique et des slogans.

Tout ceci concerne le renouvellement du Parlement turc qui a lieu le 7 juin. Les électeurs ne votent pas pour un représentant mais pour un parti.

Rappelons que la Turquie est une République depuis 1923 grâce à la volonté d’un homme, Kemal Atatürk. Refusant le démantèlement de l’Empire ottoman dicté par le traité de Sèvres, il mena de nombreuses batailles contre les forces étrangères. En désaccord également avec le Sultan, il installa un contre-pouvoir à Ankara et y créa une nouvelle république. Passionné par la révolution française, il instaura alors le principe de laïcité et entrepris de nombreuses réformes pour le pays : mise en place de l’alphabet latin, droit de vote des femmes (1934), école obligatoire…

Pour ces élections, de nombreux partis sont présents (une cinquantaine) mais on peut ne retenir que les quatre principaux.

Camionnette de campagne | Campaign truck

Camionnette de campagne | Campaign truck

Tout d’abord le CHP. Situé à gauche du paysage politique, il se veut social démocrate. Historiquement, c’est le parti créé par Atatürk. Au départ, c’est un parti unique. Les députés sont élus exclusivement parmi ce parti, ce qui lui permet de mener à bien toutes les réformes nécessaires à la modernisation du pays. Mais face à une abstention grandissante, il décide de créer de toute pièce un parti d’opposition qui sera présidé par l’un de ses amis. Le CHP d’aujourd’hui se veut l’héritier d’Atatürk mais n’a plus le même dynamisme qu’autrefois.

L’AKP est le parti du centre actuellement au pouvoir. Certains le qualifient de fondamentaliste car il oeuvre beaucoup en faveur de la religion musulmane. Il est en conflit avec le principe de laïcité établi par Atatürk.

A droite, on trouve le MHP. Il se dit lui aussi héritier d’Atatürk mais ses idées son très nationalistes. Certains le compare au FN.

Enfin le HDP est le parti kurde (minorité vivant dans le sud-est de la Turquie). Il rassemble tout les bords politiques. Son message est que les kurdes sont eux aussi capables d’apporter des réponses politiques à l’ensemble de la Turquie. Il ne s’agit pas de séparatisme.

Nous avons questionné les différentes personnes rencontrées pour savoir quel était leur avis sur cette élection.

L’une d’elle a l’habitude de voter blanc car elle considère la classe politique comme corrompue. Cependant elle compte cette fois-ci voter pour le HDP. Elle espère ainsi que ce parti atteindra les 10% nécessaires pour être représenté au parlement. D’autant plus que si les 10% ne sont pas atteints, la plupart des voix iront à l’AKP. Or elle considère celui-ci comme un parti autoritaire. Cette personne déplore aussi un immobilisme des électeurs. Chacun sait à l’avance ce qu’il va voter sans même lire les programmes. Par exemple, dans sa famille, tout le monde vote pour le CHP depuis des générations.

Une autre personne nous a raconté qu’elle avait participé aux manifestations qui ont eu lieu en 2013 mais dans sa ville, le coeur du mouvement se deroulant place Taksim à Istanbul. Il avait pour but de dénoncer l’autoritarisme du pouvoir en place. On nous cite souvent l’exemple du palais construit à Ankara par le président Erdogan. Ses dimensions et son coût seraient semblables à celles du palais de Ceausescu à Bucarest. Son utilité tout aussi injustifiée. Cette personne compte donc voter CHP.

La plupart des gens nous ont tenu un discours semblable sur le gouvernement actuel. Et pourtant, celui-ci a obtenu la majorité aux élections précédentes. Comme on nous l’a fais remarqué, on est vraisemblablement amené à discuter de politique seulement avec une partie de la population plus ouverte d’esprit.

Toutefois la première chose que nous a dit un conducteur de camion rencontré à Rize (nord-est de la Turquie) c’est que son président est génial. Il faut dire qu’il vient lui aussi de Rize.

One Comment

  1. Bonjour à tous les 2 !
    Merci pour cette description de la politique turque. Cela m’ aidera à suivre les actualités… Dites nous aussi comment vous vous portez physiquement et moralement après 3 mois de cyclo …si ce n’est pas trop indiscret…. Vous devez être bien affûtés isn’t it ? ;-)) Je vous embrasse

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