Tadjikistan

Proche de la frontière ouzbek, la capitale Douchanbé est notre première étape au Tadjikistan.
Dans cette partie ouest du pays vivent les tadjiks, ils sont musulmans sunnites. Nous y passons nos trois premiers jours installés dans une auberge connue des cyclos : la « Green House ». Tellement connue que par manque de place nous dormons au sous-sol !
Au Tadjikistan passe la célèbre route du Pamir, certains cyclos y viennent juste passer leur vacances pendant un mois. Nous en avons donc rencontré beaucoup !

Green House hostel

Green House hostel

C’était agréable d’échanger avec d’autres notre expérience. Se rendre compte que tout le monde s’est au moins une fois fait arracher le tibia avec la pédale lorsqu’il était en train de prendre une photo parce que le vélo avait perdu l’équilibre. Voir que tous les détenteurs de sacoches Ortlieb ont , comme nous, dû bricoler des adaptateurs avec de vieilles chambres à air sur le porte bagage parce qu’ils ont perdu ceux d’origines. Nous avons justement profité de ces trois jours pour faire la maintenance de nos vélos et Fanchon a installé sont puissant klaxon rouge !!!

La route est longue pour traverser le pays et apparemment plutôt mauvaise. Plus tard en Chine, nous aimerions aller dans le Sichuan, region proche du Tibet où il va vite faire froid. Nous prenons donc un taxi 4×4 de Douchanbé à Khorog. Les vélos solidement fixés sur la galerie nous faisons 500 km en 24 heures à quatre sur trois sièges !
Khorog semble être une ville relativement conséquente : sur notre carte c’est écrit en gros. Il n’y a pourtant déjà plus grand chose. Les magasins sont de petites échoppes où l’on trouve le strict minimum.
D’ici nous prenons la route du sud en direction la vallée de la Wakhan. Celle-ci longe la rivière Panj qui sert de frontière avec l’Afghanistan. Nous rencontrons près du seul poste frontière, Claude qui vient de passer dix jours de l’autre côté. Il nous raconte en quelques mots son séjour. Il a simplement suivit la rivière du côté afghan car c’est impossible de s’aventurer plus loin. De l’autre côté de la montagne, c’est la guerre. Les Talibans sont là et parait-il des bombes explosent régulièrement. La situation des afghans qu’il a rencontré est tragique. L’été a été froid. Les récoltes sont très mauvaises, ils n’ont plus grand chose, même les pommes de terre manquent. Un camion livre des vivres de temps en temps mais à un certain point, la route est détruite. Il n’accéde plus aux villages. Les villageois viennent donc à sa rencontre à dos d’âne mais c’est premiers arrivés, premiers servis. Incroyable de se dire que tout ça se passe juste de l’autre côté de la rivière.

photo_20150831122509-resized-960Pendant plusieurs jours nous avançons lentement, en moyenne une quarantaine de kilomètres par jour. La route est effectivement très mauvaise, peu de portions sont asphaltées. Bien souvent c’est de la piste et des cailloux, parfois même du sable. Il nous arrive de devoir pousser les vélos. Nous profitons donc tranquillement du paysage, les montagnes sont impressionnantes et les petits villages traversés sympathiques.

Dans cette vallée vivent les pamiris. Ne leur dites pas qu’ils sont tadjiks ! Ils insistent toujours en nous disant qu’ici c’est le Pamir, qu’ils sont musulmans chiites et plus précisément ismaëlites, qu’ils ne portent pas la barbe, que les femmes ne sont pas obligées de se couvrir et qu’elles sont l’égal de l’homme.
Les femmes portent des tenues très colorées aux motifs divers et des colliers de perles de rocailles fabriqués par leurs soins. Les hommes ont un petit chapeau traditionnel plat coloré et brodé d’inscriptions religieuses.
Le 1er septembre c’est la rentrée des classes. Les enfants sont très élégants dans leur bel uniforme noir et blanc. Cependant, certains d’entre eux ne le portent pas. Ils sont avec leurs parents en tenue de travail dans les champs à recolter le blé ou comme berger à faire paturer les vaches.

Le premier soir dans la vallée, nous rencontrons Abror, fermier qui baragouine quelques mots d’anglais. Ils nous invite à planter la tente dans son jardin, puis finalement à dormir chez lui car le vent est très fort et assez frais. Cette famille, comme beaucoup au Tadjikistan est assez pauvre. Au petit-déjeuner, ils mangent du lait chaud avec une cuillère d’huile pour l’énergie et quelques morceaux de pains sec à tremper. Abror est très fier de nous montrer son installation électrique solaire qui alimente les deux ampoules de la maison.
Quelques jours plus tard nous rencontrons dans la rue Zakhil. Il nous invite à son tour chez lui. Trois générations sont présentes dans la maison. Tous sont professeurs sauf Zakhil qui est constructeur de maison.

Plafond traditionnel | Traditional ceiling

Plafond traditionnel | Traditional ceiling

Ça se voit : la leur est magnifique. Comme dans toutes les maisons traditionnelles tadjiks le bois est très présent. La pièce principale est spacieuse. Ce lieu de vie est compartimenté grâce à des estrades. Il sert aussi bien de cuisine que de chambre à coucher. Les plafonds sont très originaux, ils sont faits de 4 carrés de bois alternés et d’une ouverture en verre qui laisse pénétrer la lumière.
Nous mangeons tous ensemble et échangeons comme on peut. L’ambiance est calme et les couleurs chaleureuses. Il ne se passe rien de particulier mais nous sommes vraiment bien avec cette famille.
Nous avons fait d’autres rencontres dans la vallée de la Wakhan. Toutes très sympathiques. Les Pamiris sont extrêmement accueillants et très généreux.

La suite de notre voyage au Tadjikistan est un peu différente. La route n’est plus mauvaise mais complètement pourrie. Nous ne comptons plus les fois où nous devons pousser les vélos dans le sable.
Les épiceries peu fournies deviennent inexistantes ou vides. Si l’on veut se nourrir, c’est bonbons, gâteaux, nouilles chinoises, produit vaisselle ou dentifrice ! On a d’ailleurs arreté de se faire à manger parce que l’eau ne bout plus à haute température à cette altitude. Il est donc impossible de faire cuire du riz et nos pâtes se transforment en bouillie. Dès que l’on peut on mange dans un petit bouiboui.
Les gens rencontrés ne sont plus des locaux mais des cyclistes, bien souvent français. La zone est quasi désertique, on rencontre quand même quelques bergers très sympas qui rentrent de transhumance car le froid arrive.
On continue par contre à prendre de altitude pendant que le thermomètre lui continue de descendre. Au réveil, jamais au dessus de 5°C.

Louis, Jeff et Nathalie

Louis, Jeff et Nathalie

À Alichur, dans un petit « hôtel » nous rencontrons Louis et Nathalie un couple et Jeff solitaire, tous les trois français. Nous faisons route ensemble jusqu’à Murghab. Là, nous rencontrons Kevin et Juliette couple grenoblois en tandem ainsi que leurs amis Maelle et David, eux aussi en tandem et Corentin voyageur solitaire lui aussi français.
photo_20150908112500-resized-960 Après une bonne soirée et une bonne nuit dans un vrai hôtel, avec une vraie douche (la seule en quinze jours) nous prenons tous ensemble la route en direction du plus haut col à 4655 m. À dix cyclos français, l’ambiance est bonne et la convivialité bien présente. Le temps lui est moins sympa, il ne nous fait pas de cadeau. Le vent est de face et la neige commence à tomber. C’est surtout la tempête de sable qui nous contraint de nous arrêter. Nous trouvons refuge dans une ruine. Nous ne sommes plus que huit. Les deux en tête de ploton ont disparu, ils ont probablement fait du camion-stop. Une fois le calme revenu nous repartons. En fin de journée, nous croisons deux maisons et demandons s’il est possible de s’installer dans les ruines à côté. Ils proposent de venir dormir au chaud chez eux, dans une petite pièce. Nous sommes huit, ça passe tout juste, on se tient chaud ! La veille Gabriel a laissé ses gants dans la pièce principale, le lendemain ils ont disparu. Pas de bol car depuis ce jour, les réveils se font en dessous de 0°C et les journées jamais au-dessus de 12°C même avec le soleil. Il testera l’option chaussettes !

photo_20150908094436-resized-960Enfin arrive la journée du fameux col à 4655 m ! Nous le montons mais pas sans peine. Gabriel est assez souvent malade au Tadjikistan, ce jour là il l’est particulièrement. Fanchon, elle ne supporte pas la haute altitude. Depuis le passage des 3000 m, elle a souvent mal à la tête et a la nausée. Du coup, à plus de 4000m ça devient compliqué ! Elle pousse son vélo sur les deux derniers kilomètres, Gabriel lui reste dessus. À cette hauteur nous ressentons tous l’altitude. Il fait froid et surtout nous sommes très vite essoufflés. Notre arrivée au col se fait avec les encouragements des autres, c’est chouette ! On se dit qu’à 150 m prés, on aurait pédalé à la hauteur du Mont Blanc !

La traversée du Tadjikistan a été riche en rencontres et en découvertes. Nous avons admiré pendant trois semaines des paysages à couper le souffle. Une fois de plus les gens ont été très accueillants, généreux et ce, malgré la grande pauvreté dans laquelle ils vivent. Nous garderons beaucoup de bons souvenirs dans ce pays.

Frontière avec le Kirghizistan | Kirghizstan border

Frontière avec le Kirghizistan | Kirghizstan border

Le 10 septembre, nous quittons le Tadjikistan pour passer brièvement au Kirghizistan avant d’aller en Chine. Nous n’y restons qu’une seule nuit. Ça semble vraiment joli. On aperçoit quelques yourtes de nomades qui ne sont pas encore rentrés et les chevaux en libertés qui galopent sur les hauts plateaux. La frontière pour la Chine est fermée le weekend. Nous n’avons qu’une journée pour l’atteindre. Nous essayons le camion-stop, ça fonctionne !

One Comment

  1. elle envoie du rêve cette page!

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